Emile Zola [L'Assommoir & Auteur]

Publié le par celine

Emile Zola – La lumière d’une vie sombre

Auteur extraordinaire à la vie très contre versé ; aux œuvres réalistes et sombres ; aux articles légendaires et à la mort mystérieuse.

M’ayant marqué pour plusieurs raisons, il était important que je vous parle ici, d’un écrivain au destin zigzagant mais au talent incomparable.

Une petite biographie s’impose : Emile Zola né en 1840 à Paris, à 22 ans il devient employé de la librairie Hachette et en sera le Chef de Publicité 2 ans plus tard. Il épouse sa compagne puis il commence, en 1871, la série célèbre des Rougon-Macquart. Il gagnera son premier succès littéraire avec « L’Assommoir », 6 ans après. En 1889, il devient père avec la naissance de sa fille (par sa maîtresse Jeanne Roserot) et devient une deuxième fois papa en 1891. 2 ans plus tard, il achève le 20e tomes des R-M. L’affaire Dreyfus débute en 1897, Zola publiera son premier article sur sa prise de position puis quelques mois plus tard, sa fameuse lettre au président « J’Accuse » dans le journal l’Aurore. Il s’exilera en Angleterre pendant un an pour échapper à sa condamnation de prison et reviendra, en 1899, en répondant aux articles diffamatoires sur la mort de son père, qu’il publiera un an après. En 1902, il est retrouvé dans son appartement à Paris, asphyxié par sa cheminée bouchée… Sa mort reste un mystère : volontaire ou accident ?


Emile Zola – "L'Assommoir"

J’aimerais vous parler du meilleur roman de Zola : « L’Assommoir » qui reste incontestablement le plus grand livre qu’il a écrit. Suite de déchéances et de malheurs, le récit est construit sur la noirceur et la réalité d’une vie pathétique et misérable de la fin du 19e sc. L’existence latente d’une femme, Gervaise, sur laquelle le destin s’est acharné et qui aurait pu être une des nombreuses vies de ces années là à Paris.

Petit résumé du livre : Gervaise, accompagnée de ses deux fils, a suivi son amant Auguste Lantier, à Paris, qui l’abandonnera très vite. Elle se retrouve dans une situation très précaire. Devenue blanchisseuse, elle sort de sa misère et rêve d’être heureuse. C'est alors que Coupeau, un zingueur, décide de la courtiser. Gervaise finit par l'épouser malgré quelques craintes. Le couple connaît une certaine prospérité et ont une fille : Nana. Gervaise commence à entrevoir son rêve de toujours : avoir sa propre blanchisserie. Malheureusement, un accident vient briser ce rêve : Coupeau chute d'un toit et se casse une jambe. Le rêve tombe et Gervaise retrouve l'espoir grâce à son voisin, Goujet, qui lui prête l'argent nécessaire. Elle fera prospérer sa blanchisserie avec 2 employées. Mais pendant ce temps, Coupeau, devenu infirme, est gagné peu a peu par la paresse, l’alcool et passe son temps à l'Assommoir, le bar d’Absinthe. Gervaise tombe de plus en plus dans le laxisme et le laisser-aller, aggravé par le retour de Lantier. L'ancien amant se lie d'amitié avec le mari et, ensembles, ils vont dans les bars. Un soir Coupeau ramène Lantier chez lui. Très vite ce dernier reprend son emprise sur Gervaise avec la bénédiction du mari. Gervaise s'enfonce de plus en plus dans la déchéance. : elle néglige son magasin, accumule les dettes et perd son dernier ami Goujet. Bientôt c'est au tour de Nana de fuir. Gagnée par l'alcoolisme, elle est devenue bouffie et sale. Elle vendra sa blanchisserie et se rabaissera à laver le sol. Devenu fou, Coupeau meurt et Gervaise se fait expulser de sa chambre. N'ayant plus rien, elle décide de vendre son corps mais personne n'en veut. Elle finit par mourir, abandonnée de tous, dans sa dernière demeure : une niche sous un escalier.

A la lecture du synopsis, la noirceur de la vie et la fatalité, sont les premières impressions. Sentiments vérifiés dans le livre. Le malaise, l’acharnement du sort sur Gervaise, pauvre femme érigée en rêveuse déçue et maltraitée… tout cela nous fait sentir inconfortable à la lecture. Cependant le style est absolument superbe, les détails de lumière sont très importants, la description des moments clés du roman comme la devanture de la blanchisserie, le pont, l’arrière du magasin, l’attitude de Nana…

A la fin du livre, lorsque Gervaise se retrouve sous l’escalier, seule, alcoolique, sale, ignorée de tous, la déchéance est à son maximum ; les détails de la pièce sont très importants, Zola nous parle peu des sentiments mais base tout sur l’imagination du lecteur à se représenter la scène. L’ambiance est sombre, lourde et nous rend mal à l’aise comme si on assistait à la mort de Gervaise sans rien faire, comme si on la fixait derrière une vitre… Le ton est sarcastique comme pour lui dire « bien fait », la tristesse fait place à la pitié…

Roman excellent de sa génération et de son siècle, que je recommande en étant, pour ma part, le meilleur de Zola. Bonne lecture !

Publié dans L'art de la culture

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Ticman56 10/02/2006 21:32

J'aime pas le titre disont ................... non , rien :D

Marcopolis 07/02/2006 07:50

Voilà une mise au point intéressante..Bonne journée !!!

legnoch:0125: 06/02/2006 19:03

Je n'ai jamais pu accrocher aux "classiques". Pourquoi ? Bin je m'ennuie à mourrir en les lisant.... M'enfin, je ne suis pas un grand lecteur non plus alors, ceci explique peut-être cela !

Syven 06/02/2006 15:33

C'est mon zola préféré à moi aussi :)

Flo 06/02/2006 14:29

Zola, les semailles et les moissons...Superbe, j'ai adoré, je devais avoir 15 ans :D
Bisous
Flo